• Amélie Nothomb — Cosmétique de l'ennemi

    Cosmétique de l'ennemi


             

    Titre : Cosmétique de l'assassin

    Auteure : Amélie Nothomb

    Première parution : 2001

    Édition lue : Le Livre de Poche

    SYNOPSIS

     « Sans le vouloir, j'avais commis le crime parfait : personne ne m'avait vu venir, à part la victime. La preuve, c'est que je suis toujours en liberté. C'est dans le hall d'un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d'avance. Il lui a suffi de parler. Et d'attendre que le piège se referme. C'est dans le hall d'un aéroport que tout s'est terminé. De toute façon, le hasard n'existe pas. »

     

    Amélie Nothomb est une femme de lettres belge francophone. Ses romans, décrits comme une intertextualité entre la littérature japonaise médiévale et la littérature occidentale, évoquent des thèmes comme le sens de la vie et de la condition humaine, le métier d'écrivain — ils mettent également en scène un personnage de l'écrivain présenté comme autobiographique — ou encore le suicide amoureux. Depuis ses débuts en 1992 elle publie exactement un ouvrage par an.

    « Je ne peux pas vous empêcher de parler, ce n'est pas interdit. Vous ne pouvez pas me forcer à répondre, ce n'est pas obligatoire. »

    Encore un roman présentant principalement des dialogues, ce qui n'est pas sans me rappeler Hygiène de l'assassin ou encore Péplum. Et encore une réussite à mes yeux : j'ai essayé une fois de plus de m'accrocher, de me montrer réticent, d'adopter un regard critique, mais je n'y suis pas arrivé. Le récit m'a embarqué, comme à l'accoutumée, dans les méandres abracadabrantesques qu'Amélie Nothomb se plaît à tisser. On la croirait redondante tandis qu'elle est seulement talentueuse.

    « C'est drôle ce besoin qu'ont les gens d'accuser les autres d'avoir gâché leur existence. Alors qu'ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l'aide de quiconque. »

    Je pense que la citation du dessus pourrait résumer l'ouvrage entier. C'est l'histoire d'une histoire dont on ne peut dire grand-chose sans en révéler la finalité. Une histoire. Seulement. Une histoire qui va bouleverser une personne et la lier inextricablement à une autre. Le tout rondement mené : bref, encore, toujours ; percutant, encore, toujours ; palpitant.

    « On voit tout de suite quand quelqu'un lit. Celui qui lit vraiment n'est pas là. »

    Le dialogue sied tellement à Amélie que je ne saurais formuler la moindre critique à l'encontre de la technique : tout est fait pour entraîner le lecteur, d'humour noir à suspense jusqu'aux chutes, plusieurs. En lisant, vous verrez qu'il y a en effet un certain nombre de chutes (je pense que l'on pourrait même parler de "roman à chutes", et au pluriel, oui). J'ai beaucoup aimé la première et un peu moins la dernière — toujours sans vous en indiquer le nombre —, laquelle annule cette première d'une certaine manière...

    « — Que me demandez-vous, au juste ?
    — De m’écouter.
    — Il y a des psy, pour ça.
    — Pourquoi irais-je chez un psy quand il y a des aéroports pleins de gens désœuvrés tout disposés à m’écouter ? »

    Lu d'une traite : une heure et demie de vertiges et de plaisirs. Une énième réussite de cet écrivain que je recommande fortement.

    Partager via Gmail

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :