• De l'abondance

    Dis-moi ce que je Lis, je te Lirai ce que je ne Dis pas.

    Comme l'annonçait mon magnifique tweet, j'ai fait le tour de la bibliothèque ; et, sur mon chemin, devine quoi : j'ai croisé l'abondance. Elle me conseillait, en diable d'épaule intermittent, de faire comme ces gens gras et inéduqués (dont, du reste, j'ai naguère fait partie) qui empruntent tout pour garder des mois et des mois, faisant fi des gentilles lettres de recommandation de la pauvre bibliothèque, attendant jusqu'à la saisie judiciaire pour lui remettre enfin ses trésors. Parce que la profusion devrait être initialement un appel à la longueur, les livres et les mets doivent se savourer. Ainsi, plus de livres il y a, plus de nourriture il y a, plus l'estomac doit se tendre, plus les chairs doivent pousser, s'étirer, plus l'effort se révélera délicieusement langoureux. Or je ne souhaite pas devenir gras et inéduqué à nouveau, je devrai donc soit choisir entre ces livres, soit les dévorer brièvement, sans en profiter pleinement. En conclusion, ma situation est digne d'une tragédie grecque, ou d'une déchéance cornélienne — si tu préfères honorer la patrie.

    Tout ceci pour dire quoi ? Ah ! que j'ai emprunté :

    Purge de Sofi Oksanen comme tu ne me l'as PAS conseillé (pauvre de toi et de moi tout autant ; même Twitter n'aura pas voulu me répondre !). Bof. Je l'ai pris parce que j'avais de la place — c'est là où, normalement, si je m'écoute, je te refais un discours sur la société de consommation, mais tu vas me haïr si je le fais, alors je m'abstiens, je me bâillonne s'il le faut, oh comme il le faut, je l'écrirai sur mon carnet —, mais l'édition (Stock) me laisse extrêmement dubitatif, ainsi que l'écriture, sans compter l'apparence romano-pompeuse de la chose. Je ne sais pas si je le lirai, seulement : il faut savoir que je n'ai qu'un mois.

    Sur la route de Jack Kerouac, que j'aurais plutôt lu en anglais. Je ne sais pas si je le lirai non plus. Mais je pense. Enfin je ne sais pas. Enfin si. Il le faut. Peut-être. Peut-être pas. J'aurais trop peur de passer à côté. Non ? Si. Bof. Si, si. *hochement de tête* Une édition de poche-moche, non, Folio, quoi, banal. Le livre de poche ne m'enchante pas mais reste le meilleur support quand on cherche à faire du pratique. (Quand cherche-t-on à faire du pratique, dans les arts ? Depuis quand, depuis où, depuis qui, hein ?)

    Dans ma maison sous terre de Chloé Delaume qui me charme déjà sans en avoir rien lu. Je lirai, cela, c'est sûr. Et je t'en dirai des nouvelles. Bonnes. J'espère. Sûrement. C'est même une prévidence. (Une pré-évidence.) L'édition est toute belle, c'est le Seuil (de la beauté épurée).

    Poèmes du corps traversé de Jean-Pierre Siméon. Jamais lu, jamais vu, jamais entendu. Un fil de petits bouts de poèmes en prose qui m'a sauté aux yeux. C'est très court, je l'avoue, et c'est justement le but. Tu peux le voir avec Beckett : j'ai besoin de me vider un peu avec des lectures simples, tranchantes, de brefs balbutiements pour me reposer le cerveau et éveiller un peu mes sens. Je le lirai aussi, niveau de sureté 99.99%. Je t'en parlerai aussi.

    Je tenais également à partager ma joie plus ou moins mesurée (de la joie en public ? Très mauvaise idée.), ayant en effet trouvé le dernier album de Marilyn Manson, je ne sais par quel hasard. Je ne veux pas vraiment t'en parler ici, parce que je tiens à ce que mes goûts musicaux restent strictement confidentiels (et au passage, les trois albums de la photo ne te permettent aucunement de te faire un avis, je t'assure), en ceci que le blog n'est pas tenu à cet effet et ne le sera jamais. Toutefois, si tu souhaites que l'on en parle, tu peux me contacter (il y a des boutons partout), ou utiliser les réseaux sociaux où ces derniers temps je me plais à vider mes malheurs chauds.

    J'ai aussi pris des films. Ça t'intéresse, dis ? Hum.

    On se retrouve une prochaine fois pour faire le point des divers achats déconsidérés, socialement respectables, communautairement répréhensibles, politiquement nuls et cérébralement salutaires. Porte-toi bien !

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