• Marguerite Duras — Yann Andréa Steiner

    Yann Andréa Steiner


             

    Titre : Yann Andréa Steiner

    Auteure : Marguerite Duras

    Parution : 1992

    Édition lue : Folio

    SYNOPSIS

    « C’était donc onze heures du matin, au début du mois de juillet.
    C’était l’été 80. L’été du vent et de la pluie. L’été de Gdansk. Celui de l’enfant qui pleurait. Celui de cette jeune monitrice. Celui de notre histoire. Celui de l’histoire ici racontée, celle du premier été 1980, l’histoire entre le très jeune Yann Andréa Steiner et cette femme qui faisait des livres et qui, elle, était vieille et seule comme lui dans cet été grand à lui seul comme une Europe.
    Je vous avais dit comment trouver mon appartement, l’étage, le couloir, la porte. »

     

    C'est l'histoire d'un amour, d'un perchoir romantique d'où l'on voit la plage et l'étendue bleue. Un cadre tout à fait emportant que la couverture suggère magistralement à mon goût. C'est l'histoire d'une vie et de celle d'un autre, d'une autre et d'un autre, d'autres. Les vies qui sont des points depuis l'appartement.

    « Elle dit aussi que s'il n'y avait ni la mer ni l'amour personne n'écrirait des livres. »

    Bruits intempestifs alentours obligent, j'ai écouté de la musique en même temps que je lisais. J'ai écouté Cry Me a River de Julie London. J'ai mis longtemps à trouver une musique adéquate, mais quand je l'ai trouvée, elle ne s'est plus arrêtée de se répéter. Elle a donné du sens aux mots, c'est pourquoi je vous recommanderais presque de faire de même si d'aventure vous seriez pris de l'envie de lire Yann Andréa Steiner.

    « Qu'écrire pour moi, c'était comme pleurer. Qu'il n'y avait pas de livre joyeux sans indécence. Que le deuil devrait se porter comme s'il était à lui seul une civilisation, celle de toutes les mémoires de la mort décrétée par les hommes, quelle que soit sa nature, pénitentiaire ou guerrière. »

    Ce n'est pas une écriture que j'affectionne, mais je m'incline tout de même devant la beauté de certains passages, terrassé parfois par une sorte d'imminence poétique, omniprésente et toute pleine d'une espèce de joie mélancolique, d'un bonheur fade. Le cadre lui-même y participe.

    « Vous me demandez :
    — Où est-on ?
    — J'ai dit : À S.Thala.
    — Et après S.Thala ?
    J'ai dit qu'après S.Thala c'était encore S.Thala. C'est là. C'est là en effet que se trouve la ville de tout amour. »

    La déstructuration de la phrase me plaît beaucoup, mais j'ai eu l'impression de lire quelque chose que je ne comprenais pas et qui me donnait néanmoins l'illusion que je le comprenais. Je pense qu'il faut l'avoir lue, assez conséquemment, qu'il faut connaître son histoire personnelle*, et c'est bien dommage que j'aie dû le faire après ma lecture. Lecture qui ne m'a pas transcendé du reste. Cela se lit vite, ce qui compense, osé-je supposer. J'ai également eu le sentiment que l'auteure elle-même qualifiait son œuvre de tierce, relative, hasardeuse et entièrement  dépendante du reste. C'était tout de même sympathique. Sans plus, donc. J'ai tout de même été encouragé à explorer plus en profondeur son œuvre, ce à quoi j'essaierai de m'atteler.

    * Pour information, Yann Andréa n'est autre que son dernier compagnon dont elle parle très clairement dans cet ouvrage.

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